5 faits importants à connaître sur le côlon irritable | Digestiondifficile.fr

Digestiondifficile.fr

Mon Compte

5 faits importants à connaître sur le côlon irritable

5 faits importants à connaître sur le côlon irritable

Près de 10% de la population mondiale vivrait avec le syndrome du côlon irritable (SCI), aussi nommé syndrome de l'intestin irritable, colopathie fonctionnelle, colite spasmodique ou intestin nerveux. Pour ceux affectés, vivre avec ce trouble digestif peut se révéler être un réel challenge.

Les symptômes caractéristiques du SCI sont la constipation, la diarrhée, les douleurs abdominales et les ballonnements. Les déclencheurs courants sont les changements hormonaux, la nourriture et le stress. Le SCI affecte néanmoins chaque personne différemment, certains patients présentent des symptômes légers à modérés alors que, pour d'autres, ce trouble peut être débilitant.

Les causes du SCI restent encore mystérieuses, le diagnostic difficile à établir, et les différentes options de traitement pas complètement satisfaisantes. Bien que certains facteurs comme, par exemple, le fait d'être âgé de moins de 45 ans, d'être une femme ou d'avoir un membre de sa famille déjà atteint du SCI soient considérés comme étant susceptibles d'augmenter le risque de développer ce syndrome, les progrès en terme de recherche scientifique réalisés sur ce sujet se font lentement.

Nous nous sommes penchés sur les derniers résultats en terme de recherche scientifique sur le syndrome du côlon irritable et, par le biais de cet article, nous vous proposons de retrouver notre synthèse en une liste de 5 faits importants à retenir. 

PUB

Proibs Côlon Irritable

1. Le microbiote sans doute impliqué

Grâce aux progrès considérables de la recherche réalisés dans le domaine des micro-organismes vivants dans nos intestins, nous commençons à comprendre de mieux en mieux le rôle joué par ces passagers microbiens sur notre santé.

Dans un article précédent, nous rapportions que des chercheurs avaient transplantés des bactéries intestinales de patients atteints du SCI chez des souris. Suite à cette opération, on a pu observer le développement de symptômes liés au SCI chez ces mêmes souris. Autre détail intéressant, les souris qui avaient reçu des microbes provenant de patients souffrant à la fois du SCI ainsi que d'anxiété ont également présenté des symptômes comportementaux liés à l'anxiété.

Lors d'une autre étude, des chercheurs ont analysé la composition de micro-organismes intestinaux chez des patients atteints du syndrome de fatigue chronique, certains souffrant du SCI et d'autres pas. Ces chercheurs ont constaté des profils microbiens distincts qui leurs ont permis de faire une distinction entre ces deux types d'individus des autres sujets témoins ne souffrant ni du syndrome de fatigue chronique ni du côlon irritable.

Mieux comprendre comment la composition des micro-organismes intestinaux contribue à la pathophysiologie du SCI nous aidera à mieux assimiler ce trouble et permettra aux scientifiques de développer des thérapies conçues spécialement pour améliorer la santé de nos intestins.

Cependant, la signature microbienne est très stable. Il est donc difficile d'effectuer des changements drastiques sur notre microbiome, par contre, modifier notre régime alimentaire peut certainement améliorer les symptômes chez certains patients atteints du SCI.

Pourtant, il semble que certaines de nos hypothèses sur le lien entre la nourriture et le SCI soient erronées.  

2. Certains aliments sont pointés du doigt inutilement

L'alimentation est un facteur déclencheur de symptômes du SCI très fréquent.  La raison de ce phénomène reste encore néanmoins à ce jour un mystère. Selon les chercheurs, cela pourrait être lié soit à une réaction physiologique excessive lors du transit de la nourriture dans les intestins, soit à des composés alimentaires conduisant à des symptômes psychologiques, soit à une interaction entre les aliments et le microbiome.

Pourtant, le SCI se manifeste de manière différente d'une personne à l'autre, et la liste d'aliments à éviter varie généralement d'un individu à l'autre. De plus, l'incrimination d'un aliment en particulier ne veut pas forcément dire qu'il soit la cause véritable des symptômes. 

Bien que les patients souffrant du SCI identifient promptement de manière spécifique les aliments étant susceptibles de déclencher leurs symptômes, seulement entre 11 et 27% de ces aliments sont correctement identifiés lorsqu'ils sont confirmés aux cours d'études scientifiques formelles.

Cela complique encore un peu plus les choses pour les patients mais il y a tout de même de l'espoir car les avancées en termes de recherche scientifique nous permettront une meilleur identification des aliments à éviter à l'avenir.

Vivre avec le SCI peut s'avérer être un réel challenge et cela aussi bien pour ceux ayant déjà reçu un diagnostic que pour ceux qui n'en sont encore qu'au début de leur parcours consistant à déterminer ce qui pourrait causer leurs crises de symptômes.

Pour plus d'infos autour du sujet de l'alimentation en cas de SCI, nous vous recommandons de consulter notre article : Quelle alimentation en cas de syndrome du côlon irritable ?  

3. Seule la moitié des patients atteints du SCI cherchent à obtenir des soins médicaux

En moyenne, 11.20% de la population dans le monde vivrait avec le SCI. Cette moyenne est cependant biaisée à cause du manque de données disponibles dans de nombreux pays en Afrique et en Asie. En fait, le taux de SCI par pays varie beaucoup ; Il varie de 1% à 45%.

Tout en haut de l'échelle, on retrouve le Mexique avec 40%, l'Islande avec 30.9% et le Pakistan avec 30.5%, au milieu se trouve le Canada avec 15.7%. 

Malgré les millions de personnes affectées, seulement près de la moitié souffrant de symptômes du SCI se rendent chez leur professionnel de la santé afin de recevoir de l'aide.

La plupart de ces patients consultent dans un premier temps leur médecin généraliste au sujet de leurs symptômes. Les facteurs qui mènent à cette consultation sont la sévérité des symptômes, plus particulièrement la douleur, l'occurrence des symptômes alarmants, et une inquiétude liée au fait que les symptômes pourraient traduire la présence d'une maladie sous-jacente grave comme, par exemple, un cancer.

Selon un article publié dans le journal Gastroenterology & Hepatology, les patients atteints du SCI attendraient en moyenne 4 ans avant d'être diagnostiqué. On y apprend également que les traitements demeurent à l'heure actuelle insatisfaisants pour la plupart des patients.

4. La gastroentérite peut entraîner un SCI

Dans un article publié dans la revue Scientific Reports, le professeur Guy E. Boeckxstaens — du centre de recherche sur les troubles gastro-intestinaux de l'université de Leuven, en Belgique — explique qu'au moins 36% des patients souffrant de gastroentérite seraient susceptibles de développer un SCI post-infectieux.

Lors de cette étude, le professeur Guy E. Boeckxstaens et ses collègues se sont concentrés sur les intestins d'individus souffrant de SCI post-infectieux, ayant développé ce trouble après avoir consommé de l'eau contaminée.

En se basant sur les travaux d'autres chercheurs, l'équipe s'attendait à trouver des niveaux d'inflammation faibles — un vestige du combat contre la gastroentérite qui était considéré comme étant la cause de la douleur — dans leurs sujets d'étude.

''À notre grande surprise, nous n'avons trouvé aucune preuve d'inflammation de faible intensité dans l'intestin de ces patients.'' selon le Professeur Boeckxstaens. ''Cependant'', a-t-il ajouté, ''nous avons pu établir clairement à la fois une sensibilisation neurale chez les patients atteints du SCI post-infectieux et un changement du micromilieu de l'intestin vers un état pronociceptif.''

L'équipe présume que la douleur ressentie par les patients souffrant du SCI post-infectieux est attribuable à la sensibilisation des nerfs dans l'environnement intestinal.

Toujours selon le professeur Boeckxstaens, ''Non-seulement cette constatation nous apporte une réponse à la question de savoir comment la douleur se développe, mais elle suggère également une manière nouvelle de traiter ce trouble. (…) Le blocage du récepteur de l'histamine pourrait représenter un nouveau traitement analgésique pour ces patients.''

5. Un lien entre le cerveau et le SCI

On estime que 20% des patients atteints du SCI souffrent également de symptômes liés à d'autres troubles gastro-intestinaux. La liste inclut la dyspepsie fonctionnelle, les brûlures d'estomac, le reflux gastro-œsophagien pathologique, la diarrhée, la constipation et l'incontinence.

Mais ce n'est pas tout. D'autres syndromes non-gastrointestinaux, comme le syndrome prémenstruel, la dysfonction sexuelle, le syndrome de la vessie hyperactive, le syndrome de la fatigue chronique, la migraine et les troubles de l'alimentation, vont aussi de pair avec le SCI.

Les personnes souffrant du SCI sont également plus nombreuses à avoir des troubles psychiatriques comme l'anxiété, la dépression et la névrose que celles ne souffrant pas du SCI.

Alors, comment expliquer ce lien entre un trouble gastro-intestinal et le cerveau?

Nos cerveaux et intestins sont étroitement liés. Le cerveau influence le mouvement de la nourriture lorsqu'elle chemine dans le tube digestif, notre système immunitaire, et la composition du microbiome. En revanche, les changements dans l'intestin sont liés aux changements dans la structure cérébrale.

Bien que la recherche ait permis d'identifier des altérations cérébrales associées à la pathologie chez les patients atteints du syndrome du côlon irritable, des études mécanistes et longitudinales seront nécessaires afin de déterminer le lien de causalité entre ces facteurs.

PUBTraitement Proibs Côlon Irritable

Laisser un commentaire