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Diagnostic du syndrome du côlon irritable : les 10 erreurs les plus fréquentes (Partie 1/2)

Diagnostique du syndrome du côlon irritable : les 10 erreurs les plus fréquentesEnviron 11 % de la population mondiale souffre du syndrome du côlon irritable (aussi nommé syndrome de l'intestin irritable ou colopathie fonctionnelle), en faisant l’un des diagnostiques en gastro-entérologie les plus fréquents. Les symptômes du syndrome du côlon irritable (SCI) incluent des douleurs abdominales avec des changements imprévisibles en termes de transit intestinal ainsi que des changements variables des selles dans la forme et la fréquence.

Bien que les patients atteints du SCI souffrent de crises de douleurs abdominales de manière récurrente, leurs selles varient : près d’un tiers souffrent principalement de diarrhée (SCI-D), un cinquième subissent essentiellement de constipation (SCI-C) et la moitié ont un mix entre les deux (IBS-M). Cette condition très hétérogène a sans doutes de multiples causes et une approche individuelle en termes de gestion et de traitement est nécessaire.

Dans un article paru sur le site ‘‘United European Gastroenterology’’, le professeur Spiller, spécialiste en gastro-entérologie, donne une liste des 10 erreurs les plus fréquentes lorsqu’il s’agit de diagnostiquer et de gérer le SCI :

Erreur 1 | La non-détection de la malabsorption des sels biliaires
Lorsqu’une quantité excessive d’acides biliaires entrent dans le côlon, cela entraîne une stimulation gastrique et la quantité d’eau incorporée dans les selles augmente, causant des selles molles avec une sensation d’urgence, souvent accompagnées de diarrhées nocturnes. D’après les résultats de recherche dans le cadre d'une méta-analyse, 10 % des patients atteints de symptômes du SCI-D pourraient souffrirent d’une sévère malabsorption d’acides biliaires, conservant moins de 5 % des acides biliaires sur 7 jours. Une étude anglaise indique que près de 1 patient sur 4 présenté aux soins de santé secondaire comme souffrant de diarrhée ont une malabsorption d’acides biliaires.

Erreur 2 | Ne pas reconnaître la somatisation, conduisant à de multiples visites chez des professionnels non-spécialisés en gastro-entérologie
Les multiples symptômes n'ayant pas d'explication médicale sont une caractéristique commune chez les patients atteints du SCI. Cette caractéristique peut être facilement évaluée à l’aide du questionnaire de santé de l’échelle des 12 symptômes somatiques (PHQ-12SS) qui interroge sur des symptômes non gastro-intestinaux comme les douleurs et symptômes corporels. Moins de 5 % des sujets en bonne santé ont un score de plus de 6 sur l’échelle PHQ-12SS, alors que 67 % des patients atteints du SCI l’atteignent. Les scores élevées prédisent plus de visites chez le médecin de soins de santé primaire et sont utiles cliniquement. Des scores bas suggèrent qu’un diagnostique alternatif doit être exclut. Ignorer cette caractéristique a pour conséquence de multiples visites chez des professionnels non-spécialisés en gastro-entérologie et est la très probable cause des excès de cholécystectomies et de hystérectomies chez les patients atteints du SCI.

Erreur 3 | Ne pas dire aux patients, dès le début des examens, qu’ils ont un risque élevé d’avoir le SCI
Répondre aux critères de classification du SCI en l’absence de symptômes d’alarme est associé a une très forte probabilité que les examens produiront des résultats normaux. Il est donc important de l’indiquer clairement au patient dès le départ. Dans ce contexte, lorsque les résultats des tests s’avèrent être normaux, la justesse du diagnostique devient évidente pour le patient. En revanche, lorsqu’aucun examen médical préalable n’a été effectué, des résultats négatifs pourraient simplement conduire à la réalisation de tests supplémentaires, une situation qui n’est que trop fréquente dans le parcours médical des patients atteints du SCI.

Erreur 4 | Omettre de reconnaître les principales caractéristiques des ballonnements, entraînant de nombreux examens négatifs incluant la tomographie et l’échographie
Les ballonnements sont un trouble mystérieux pour beaucoup de patients et docteurs, et conduit souvent à des examens inutiles et à de l’irradiation considérable. Il est nécessaire de distinguer deux types de ballonnements. Le premier concerne une sensation de distension sans aucun changement évident en termes de circonférence abdominale et qui reflète une sensibilité viscérale accrue. Le second est caractérisé par des distensions visibles qui requiert, par exemple, de desserrer sa ceinture et une augmentation de la circonférence abdominale, une condition qui, généralement, s’empire au fur et à mesure de la journée et s’atténue pendant la nuit. Jusqu'à récemment, la raison pour laquelle même une toute petite quantité de nourriture pouvait causer une soudaine distension de l’abdomen n’était pas claire. On reconnaît cependant désormais que cette caractéristique qui constitue un élément utile pour le diagnostique s’explique par une combinaison de relaxation de la paroi abdominale et un abaissement du diaphragme. Cette réponse neurale peut se manifester en quelques secondes. Les ballonnements n’impliquent, par conséquent, aucun changement aiguë du contenu abdominal. Étant donné qu’une augmentation de la quantité de graisse abdominale est une cause fréquente pour une lente, progressive augmentation de distensions abdominales, une récente prise de poids chez ces patients devrait être examinée de plus près. Le cancer des ovaires peut aussi présenter une distension progressive mais, dans ce cas, la variabilité au jour le jour caractéristique du SCI est absente.

Erreur 5 | L’utilisation d’opiacés afin de contrôler les douleurs causées par le SCI
Bien que la douleur chez les patients atteints du SCI soit souvent décrite comme étant extrêmement sévère et que les opiacés soient efficaces, la plupart des cliniciens les déconseillent vivement car la désensibilisation des récepteurs se produit rapidement menant à une augmentation rapide de la dose. Les doses élevées d’opiacés sont associées à des effets secondaires indésirables, incluant des nausées et des vomissements, ainsi que d’importantes constipations et de dépendances médicamenteuses. Tandis que les symptômes du SCI sont généralement intermittents, l’utilisation d’opiacés est constante. Chez les patients plus sensibles souvent sujets à des troubles psychologiques, la prise d’opiacés peut conduire à un ‘‘syndrome du côlon narcotique’’, dans lequel les opiacés semblent aggraver la douleur. Le sevrage aux opiacés est difficile étant donné la dépendance psychologique mais peut conduire à une rémission marquée de la douleur.

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